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Lot 184 - Pablo Picasso (1881-1973), Esquisse pour Le Harem , 1906, crayon Conté sur papier [...]

Estimation : 60 000 CHF / 80 000 CHF

pas d'adjudication

Pablo Picasso (1881-1973), Esquisse pour Le Harem , 1906, crayon Conté sur papier Ingres, signé, 46x57,5 cm

Provenance: Galerie Rosengart, Lucerne, Collection de Monsieur et Madame Grodtmann, Suisse, resté dans la famille jusqu'à ce jour

Note: L'oeuvre est le dessin préparatoire pour le tableau Le Harem conservé au Museum of Art de Cleveland

Bibliographie: Maurice Raynal, Picasso, Delphin-Verlag, Munich, 1922, no. 6, Jean Cassou, Philippe Jaccottet, Le dessin français au XXe siècle, Mermod, Lausanne, 1951, pl. 79, Christian Zervos, Catalogue raisonné de Pablo Picasso, éditions Cahiers d'Art, Paris, 1954, vol. 6, p. 80, no. 657, Frank Elgar &, Robert Maillard, Picasso, éditions Fernand Hazan, Paris, 1955, p. 37, Alberto Moravia &, Paolo Lecaldano, Das gemalte Gesamtwerk des Picasso, Blaue und Rosa Periode, editore Rizzoli, Mailand, 1968, p.110, no. 274 A, Pierre Daix, Georges Boudaille, Joan Rosselet, Picasso 1900-1906, Catalogue raisonné de l'?uvre peint, éditions Ides et Calendes, Neuchâtel, 1988, p. 302, no. XV.39


L'oeuvre met en scène six personnages dans une salle vide, aux murs et au sol d'un rose poudré presque vaporeux. Au premier plan, un homme est appuyé contre le mur, cuisses écartées, tenant un porron d'une main, il regarde quatre femmes nues, occupées à leur toilette. Dans le fond de la pièce, une femme âgée surveille la scène. L'atmosphère est détendue, les corps se font langoureux. Les corps sont traités de façon réaliste, apportant une certaine fraîcheur aux figures féminines et une sensation de majesté à l'homme assis. La composition est rythmée par une diagonale montante vers la gauche, emmenée par le regard masculin qui frôle les têtes de deux jeunes femmes vers celle qui s'étire délicatement.

En mai 1906, Picasso, accompagné de Fernande Olivier (Fernande Olivier a été la compagne et le modèle de Picasso entre 1904 et 1909), arrive à Gosol, un village niché dans les Pyrénées espagnoles. Ce séjour est possible grâce à la vente de quelques oeuvres auprès d'Ambroise Vollard, pour la somme de 2.000 francs. [?] La toile pourrait être une allusion, outre au Bain Turc d'Ingres, aux monotypes de Degas dépeignant l'univers des maisons closes.

Conxita Boncompte évoque d'autres sources, sous l'influence du monde classique et de ses religions. En effet, Picasso étudie depuis un an des modèles de fresques pompéiennes, dont il reprend la palette chromatique. Dans le lieu pittoresque où il séjourne, au contact des paysans, il intègre les anciens rites agricoles d'origine païenne et l'art roman de la région - comme les Vierge à l'enfant en bois polychrome qui le rapprochent de Gauguin à Tahiti. Cette création permet à Picasso de réunir tous les dessins préparatoires inspirés par Fernande dans leur intimité, notamment lors de la toilette. [?]. Les apparitions de l'homme dans sa virilité et de la femme âgée, associée à une sage-femme ou encore à une proxénète changent le sens premier de la présence de Fernande, la scène de Harem vient à l'esprit, en imaginant les quatre demoiselles comme autant de personnalités différentes.

Les attributs phalliques et la mise en valeur du corps de sa compagne peuvent également être un écho au désir de Picasso de devenir père. Les deux protagonistes sont alors dévoués à un rôle précis. Dans cette initiation, Picasso devient Bacchus ou un prêtre bachique et officie le rite d'initiation de Fernande. Les objets rituels sont présents à côté de lui tandis que la bassine contenant les eaux purificatrices est en place, l'initiée, Fernande, se plie aux différents rites de la cérémonie, et envahit l'espace à travers cette folle danse s'apparentant à une transe autour de sa moitié. Cette toile transpose alors une initiation de Fernande et une certaine divination, à travers les différentes figures de cette belle femme nue .In administration Picasso.


Cette oeuvre est un dessin préparatoire ayant abouti à la réalisation d'une huile sur toile majeure de la période rose exposée au Musée de Cleveland (USA). Cette toile intitulée le Harem marquera un tournant dans le travail de Picasso qui aboutira en « Les Demoiselles d'Avignon » en 1907.Dans la correspondance conservée par la famille de M. et Mme Grodtmann se trouve une lettre datée du 4 mars 1987 d'Hélène Seckel, alors conservateur au musée Picasso, adressée à Angela Rosengart, lui demandant de l?aide pour localiser le présent dessin : le musée prépare une grande exposition autour des Demoiselles d'Avignon.
« J'essaie depuis des mois de retrouver un dessin préparatoire pour le Harem [?] dont la composition et le thème annoncent les Demoiselles. [?] Le dessin du Harem trouve nécessairement sa place dans cette série, en ce qu'il montre aussi l'importance de la référence au Bain turc d'Ingres[?] Je commence à désespérer de mettre la main sur ce dessin? ». Une autre lettre datée du 6 mars signée Rosengart informe Mme Grodtmann du courrier reçu.

En raison de l'ancienneté de l'encadrement et de la fragilité de l'oeuvre, l'oeuvre n'a pas été décadrée afin d'éviter tout dommage
Nous ne connaissons pas le mode de montage de l'oeuvre
Le feuille de papier est oxydée
Présence d'une très légère ondulation de la feuille de papier
Principalement le long de la bordure inférieure de l'oeuvre, présence de piqûres assez marquées (voir photographies)
Quelques piqûres éparses, une dizaine un peu plus marqué autour des personnages
Quelques rousseurs, principalement moitié gauche et angle inférieur gauche
Présence d'une déchirure au centre de la bordure supérieure (sur environ 6 cm) cette déchirure est sur l'extrême périphérie, donc peu visible
Petit trou (1mm) au centre de la bordure inférieure
Légère trace de pli, angle inférieur droit

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